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Antifouling et Environnement

Les peintures antifouling 

Les peintures antifouling (ou «peinture anti-salissure»), visent à protéger la coque des bateaux contre les salissures. Impactant l’environnement, elles cristallisent beaucoup l’attention des plaisanciers et des associations.

La consommation annuelle de ces produits sur les bateaux de plaisance est estimée à environ 0.4% de l’ensemble des agents biocides employés en France : agriculture (90%), traitement des façades, des eaux, des voies routières et ferroviaires (3%), du jardinage et autres (7%).

Entre nécessité de protection des carène et impact environnemental, ces produits actifs doivent être regardés en fonction d’une analyse bénéfice / risque liée aux usages des plaisanciers.

Pourquoi utiliser les peintures antifouling ?

Au bout de quelques minutes dans l’eau toutes les coques subissent une attaque bactériologique. Ces bactéries vont s’accumuler pour, au bout d’une semaine environ, former un substrat favorable à l’apparition et au développement des premiers coquillages et algues.

Une carène propre, c’est donc d’abord une histoire de sécurité. Algues et coquillages génèrent de la trainée déstabilisant la manœuvrabilité du bateau. Sur les navires de commerces, il a été mesuré que le coefficient de la trainée généré par une carène sale peut augmenter de 30 à 80%. Les peintures antifouling sont également un impératif pour améliorer la glisse et donc réduire la consommation de carburant. Elles permettent également d’éviter l’usure précoce des moteurs. C’est enfin une obligation environnementale pour éviter la dispersion d’espèces invasives dans les différents écosystèmes traversés par les bateaux.

Aujourd’hui chaque fabricant de peinture antifouling doit déclarer ses produits auprès des autorités. Depuis 2016, ces entreprises doivent présenter leurs formules et leurs études d’impact afin d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France et en Europe.

Il est important de noter que le cuivre et ses dérivés sont des substances actives et font partie intégrantes du règlement biocide européen. Même si le cuivre est un élément naturel, il n’en demeure pas moins impactant. L’article R522-39 du Code de l’Environnement précise que “La publicité pour un produit biocide ne peut en aucun cas porter les mentions : " Produit biocide à faible risque ", " non toxique ", " ne nuit pas à la santé " ou toute autre indication similaire. La référence à un produit biocide ne doit pas être de nature à induire en erreur quant aux risques du produit pour l'homme ou l'environnement.

Promouvoir un antifouling “Bio” sur le marché est donc interdit.


Pourra-t-on à l'avenir se passer totalement de ces peintures ?

Il n’existe malheureusement pas aujourd’hui sur le marché de produit ou de solutions techniques alternatives (machine de brossage,…) dont le ratio coût / efficacité soit plus avantageux que les peintures anti-salissures.

C’est par contre une obligation morale pour Nautix d’y arriver. Largement investi dans la recherche et développement, nous y travaillons. Ainsi, les programmes Paint clean, Eco paint et Biopaintrop, qui ont reçu l'appui du pôle de compétitivité « Pôle Mer Bretagne », progressent dans l'élaboration de peintures anti-salissures sans biocides.

A moyen terme, le législateur obligera certainement les producteurs à limiter les taux de substances actives dans leurs peintures.

A court terme, chaque plaisancier doit se responsabiliser, et s’astreindre à des règles simples en fonction de l’usage de son bateau :

  • Préférer les antifoulings à matrice dure plutôt que les érodables
  • Ajuster les quantités en fonction de la connaissance de votre zone de navigation
  • Si votre bateau ne navigue que 3 mois par an, une seule couche d’antifouling peut être recommandée. Pour un résultat sur une année, 2 couches épaisses doivent être suffisantes.
  • Eviter les produits trop chargés en cuivre qui relarguent inutilement
  • Utiliser des aires de carénage dédiées (pas de carénage sauvage)
  • Ne pas rajouter d’autres produits dans les pots (formellement interdit et source de poursuites légales)